Valoriser et épauler les proches aidants, ces alliés incontournables pour un Québec équitable.

Aider les jeunes aidants et jeunes aidantes à s’épanouir

Que vous soyez dans le milieu de l’éducation ou de la santé, vous avez sûrement déjà rencontré des familles dans lesquelles œuvrent de jeunes personnes proches aidantes (JPA). Elles soutiennent un membre leur famille qui est malade, vieillissant ou en situation de handicap. Elles assument quotidiennement des soins, du soutien psychologique, des tâches ménagères, cuisinent, gèrent des factures ou encore, s’occupent de leurs frères et sœurs en raison de l’indisponibilité des parents qui, eux, sont les proches aidants principaux.

Soutenir les jeunes aidants et jeunes aidantes : l'affaire de tous !

Nous avons développé des outils d’intervention qui présentent différentes stratégies possibles à adopter en tant que professionnel ou professionnelle de la santé ou du milieu de l’éducation en se basant sur les plus récentes données scientifiques et sur les meilleures pratiques ailleurs dans le monde.

Vidéo pour les professionnel(les) du milieu scolaire

Rendre la jeune aidance visible

Vous souhaitez faire bouger les choses pour l’obtention d’une meilleure reconnaissance et de soutien ? Participez à un groupe de travail qui regroupe déjà quelques experts et expertes en santé, en éducation et en proche aidance ! Votre expertise ou votre expérience peut être utile à notre groupe de travail sur la jeune aidance.

C’est à force d’en parler qu’il sera possible de développer un réseau de soutien pour les jeunes personnes proches aidantes. N’hésitez pas à en parler autour de vous, ou à demander au RANQ une formation pour votre établissement.

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Comment intervenir auprès des JPA

La jeune proche aidance peut avoir des répercussions négatives sur la santé physique et mentale des jeunes, mais aussi sur leurs projets de vie à long terme. De nombreux et nombreuses JPA gardent leur situation secrète, de peur que leurs parents soient blâmés ou par crainte d’être séparés de leur famille, parce qu’ils et elles ont honte d’assurer l’hygiène d’un adulte, ou encore, pour protéger leur famille de la stigmatisation (préjugés sur les troubles de santé mentale, sur la dépendance, sur le handicap, etc.)

La bonne nouvelle, c’est qu’avec du soutien, de l’écoute et de la compréhension, il est possible d’atténuer grandement les effets négatifs et de renforcer considérablement les effets positifs de la jeune aidance.

Différents outils d’évaluation existent, mais aucun n’est adapté au contexte québécois. Voici différents signes extérieurs qui peuvent indiquer qu’un enfant ou un ou une jeune assume le rôle de JPA. Le ou la jeune :

  • Présente des douleurs physiques (maux de tête, de dos, etc.)
  • A des problèmes au niveau de son comportement 
  • Est secret par rapport à sa vie familiale 
  • Montre des signes de négligence physique, de malnutrition ou de négligence vestimentaire 
  • Est souvent absent ou en retard 
  • Est souvent fatigué, déprimé, anxieux ou introverti 
  • A des difficultés à se faire des amis ou à les conserver 
  • Voit une diminution subite de ses résultats scolaires 
  • Semble très mature pour son âge 
  • Est victime d’intimidation 
  • A des difficultés à se concentrer 
  • Ne participe pas aux sorties scolaires ou aux activités extrascolaires 
  • Est présent aux consultations médicales ou de santé de son proche 
  • S’inquiète pour la santé d’un proche 
  • Rend souvent son travail en retard ou bâclé
  • Est suivi par les programmes de protection de la jeunesse 
  • N’a jamais de parents présents lors des réunions parents-professeurs ou ses parents ne communiquent pas ou peu avec l’école
  • Ne paye pas les dépenses pour les activités de l’école
  • A un membre de sa fratrie qui est enregistré comme élève vivant avec un handicap ou ayant un problème de santé 

Interventions suggérées

  • Offrez-leur une oreille attentive régulièrement, même s’ils ne profitent pas de votre offre immédiatement, ils pourraient l’accepter ultérieurement.
  • Montrez-vous empathique, à l’écoute, croyez-les et respectez leur droit de ne pas tout vous dire.
  • Soyez capable de nommer la situation, de reconnaître leur engagement, mais communiquez-leur aussi que les émotions vécues sont normales sans les faire sentir différents ou problématiques.
  • Concentrez-vous sur leur perspective et sur leur expérience plutôt que sur leur proche.
  • Leur permettre d’être acteurs et actrices de leur vie, sans dédouaner la responsabilité des gouvernements concernant les soins aux personnes les plus vulnérables.
  • Les JPA apprécient les interventions auprès de la famille, qui viennent augmenter les services pour la personne aidée, et favoriser une bonne communication au sein de la famille.
  • Les JPA souhaitent que les aspects positifs de la jeune aidance soient valorisés.
  • Un jeune ou une jeune vivant une difficulté a le droit à la confidentialité et à l’information.
  • Les JPA aiment être appréciés pour qui ils sont et non pour ce qu’ils font. Ils apprécient le soutien leur permettant d’être jeunes : expression de leurs émotions, activités de loisirs, socialisation.
  • Les JPA aiment réaliser que d’autres jeunes peuvent vivre des situations similaires et partager avec eux.
  • Ils veulent surtout être entendus et compris, sans jugements ni présupposés sur la situation et ses répercussions.
  • Une intervention est requise particulièrement si le ou la JPA n’est plus capable de citer les aspects positifs de la jeune aidance.