Jeunes et proches aidants : état de la situation au Québec

Jeunes et proches aidants : état de la situation au Québec

Justin Trudeau a réagi à la Journée internationale de la jeunesse 2018 en ces termes : « En tant ministre de la Jeunesse, je suis convaincu que tout le monde a un rôle à jouer pour soutenir les jeunes ». Tous les jeunes doivent donc bénéficier de cette dynamique de soutien, en particulier les jeunes proches aidants.

État de la situation au Canada et au Québec

Le RANQ,  Regroupement des aidants naturels du Québec, pense comme le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau : « Les jeunes sont des leaders, des agents du changement et des ambassadeurs d’un monde meilleur et plus pacifique. Forts de leur énergie, de leur créativité et de leur détermination, ils ont la capacité de transformer nos communautés et notre pays pour le mieux ».

En effet, ces mots décrivent les 1,9 million de jeunes aidants, soit 27,9% des 15-29 ans, qui contribuaient à la société canadienne en 2012. Ces jeunes aidants s’occupent de leurs grands-parents (40%), de leurs parents (27%), de leurs amis et de leurs voisins (14%) ainsi que de leurs frères et sœurs (11%). Souvent, ils s’occupent de trois personnes ou plus. Au Québec, on estime qu’un adolescent sur huit (12%) est un aidant. Selon un rapport de Statistique Canada, en 2012, 1 jeune sur 5, entre 15-29 ans, a fourni des soins à un proche.

La contribution de ces jeunes dans la société est remarquable bien qu’ils n’en soient  que très rarement conscients.  Ce sont des personnes et des familles soulagées par les soins et services offerts. C’est ainsi qu’ils transforment les communautés et le Québec pour le mieux.

Un rôle qui ne convient aux jeunes

Diverses raisons conduisent les jeunes à assumer, par défaut, le rôle d’aidant. Bien qu’ils assument ce rôle en raison de circonstances sur lesquelles ils n’ont pas de contrôle, celui-ci reste inadapté à leur jeune âge.comment-on-devient-jeune-proche-aidant

 

Prendre soin d’un proche a des répercussions favorables au niveau du développement socio affectif. Également, c’est un vecteur qui permet de consolider les sentiments de compétences, d’autonomie, ainsi que l’empathie et la compassion. Cependant, il y a aussi un prix à payer en endossant ce rôle. Les jeunes aidants sont particulièrement vulnérables à l’isolement social, aux problèmes de santé et aux difficultés dans leur cheminement scolaire. Ils font face à de nombreux obstacles : retards récurrents, absentéisme, anxiété, problèmes de concentration. Certains sont parfois contraints d’arrêter l’école. Les jeunes aidants forment un groupe hétérogène en lui-même, avec des réalités et des besoins très variés. Certains sous-groupes ayant peu de soutien social et vivant dans des milieux marginalisés subissent les difficultés de jeunes aidants en plus d’autres problèmes.

Par conséquent, il est nécessaire de mettre en place des politiques et des approches permettant une prise en charge efficace de ces jeunes aidants et de leurs familles.

Un observatoire de recherche comprendre la situation des jeunes aidants

Afin d’apporter des solutions à la prise en charge des jeunes proches aidants, le point de départ est de développer la recherche sur ce sujet au Québec.

En effet, force est de constater que ce n’est que trop récemment que des recherches ont été menées sur ce sujet. À savoir, combien de jeunes sont dans une telle situation ? Combien doivent s’occuper de leurs parents ou tuteurs malades ? Les chiffres sont inconnus pour le Québec car il n’y a pas de recherche sur ce sujet. Alors impossible de pouvoir traiter cette problématique. Pas étonnant qu’au Québec, il n’existe aucune ressource destinée aux jeunes proches aidants. Par ailleurs, beaucoup des difficultés que vivent les jeunes adolescents proches aidants restent encore inconnus. Dans ce cas, la mise en place de programmes et d’approches d’intervention ne peut être optimale car n’ayant pas une analyse précise de la situation et des besoins des jeunes aidants.

Le besoin d’un observatoire de recherche sur la proche aidance est donc indispensable pour la province du Québec. C’est le point de départ qui permettra d’offrir aux jeunes proches aidants des opportunités d’user de leur créativité et détermination pour changer les communautés et le pays d’une autre manière.

Sources:

Andrea Breen, Ph. D, Et si on aidait nos (jeunes) aidants? (2016), http://institutvanier.ca/si-aidait-nos-jeunes-aidants/

http://www.actioncanada.ca/wp-content/uploads/2014/04/TF1-Report_Young-Careers_FR.pdf